58 ans après, l’assassinat de JFK continue de fasciner

Le 22 novembre 1963 était assassiné à Dallas le 35e président de l’histoire des Etats-Unis. Près de soixante ans plus tard, la quête de la vérité se poursuit alors que l’on attend une nouvelle déclassification de documents dits « sensibles ». 

C’est un tournant dans l’histoire des Etats-Unis et du monde entier. Il est 12h30 ce 22 novembre 1963 lorsque le cortège du président américain John Fitzgerald Kennedy, alors en pré-campagne pour sa réélection a un deuxième mandat, traverse Dealey Plaza en plein coeur de la ville de Dallas. Assis à l’arrière de sa limousine aux côtés de la Première dame, JFK est alors la cible de coups de feu (leur nombre fait encore débat de nos jours). Touché mortellement, il expire à l’hôpital Parkland à 13h. 

Commence alors la grande enquête afin de mettre un nom et un visage sur l’assassin du 35e président des Etats-Unis. Un suspect sera vite au coeur des accusations, un certain Lee Harvey Oswald, dont le profil et les relations troubles avec l’Union soviétique en font le coupable idéal. Ce dernier sera assassiné le 24 novembre 1963 par Jack Ruby, un patron de boîte de nuit proche du milieu du crime organisé. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour faire de l’assassinat de Kennedy le terreau idéal au développement de toutes les théories du complot possibles et imaginables. 

Plus de questions que de réponses

La commission Warren mise en place une semaine après l’assassinat par le successeur de Kennedy à la Maison-Blanche, le Texan Lyndon Johnson, conclura que Lee Harvey Oswald est le seul et unique participant au meurtre de JFK. Une conclusion qui sera rapidement mise en cause et pour de nombreuses raisons. Tout d’abord les enquêteurs omirent de poser des questions essentielles à des témoins présents ce jour-là, par exemple concernant l’origine des tirs. La disparition d’un fusil de précision Mauser retrouvée dans les locaux du Texas Book Depositary, différent du modèle Carcano prétendument utilisé par Oswald, et pourtant consigné dans les premiers rapports de la police de Dallas, n’est ensuite plus jamais évoquée. 

D’autres témoins-clés n’ont eux jamais été entendus. A l’instar du sénateur Ralph Yarborough présent dans le cortège présidentiel, ainsi que le personnel médical de l’hôpital Parkland, mais aussi de Clint Hill le garde du corps de Kennedy, que l’on voit sur le film vidéo d’Abraham Zapruder tentant de protéger Jackie Kennedy. Les témoins qui ont eux été interrogé l’ont été pour un certain nombre par Allen Dulles, ex-patron de la CIA limogé par Kennedy en 1961 après l’échec du débarquement de la Baie des cochons. La commission Warren a également refusé le principe de droit des interrogatoires contradictoires des témoins. 

Une enquête orientée

Autre élément déroutant, aucune contre-expertise balistique que celle effectuée par le FBI n’a été mise en place par la Commission Warren, qui disposait pourtant d’un budget quasi-illimité. En résumé, toutes les pistes menant à une autre conclusion que celle aboutissant à la théorie de l’assassin solitaire n’ont pas été exploitées. Mais encore plus hallucinant, le médecin personnel de JFK, Georges Bukley, présent pendant la fusillade, dans Air Force One au moment du retour de la dépouille présidentielle vers Washington et également pendant l’autopsie n’a jamais été entendu. C’est pourtant lui qui signa le certificat de décès, et qui pris livraison du cerveau de JFK, qui fut ensuite perdu dans les Archives nationales! 

D’autres témoignages évoquent également une enquête biaisée depuis le début, afin de convaincre l’Amérique qu’Oswald était le seul et unique responsable de l’assassinat de son 35e président. En 1969, Jim Garrison un juge de la Nouvelle-Orléans crée la sensation en devenant le premier magistrat américain à engager des poursuites sur le meurtre de Kennedy, en assignant devant un tribunal Clay Shaw, qu’il considère comme partie prenante dans l’assassinat. Ce dernier sera acquitté, mais le juge Garrison aura permis de mettre en lumière les nombreuses incohérences de la commission Warren (voir le film d’Oliver Stone JFK). 

Les années 70 voient ensuite une défiance de plus en plus grand du public envers les conclusions de la Commission Warren. Ce n’est que le 6 mars 1975, douze ans après la fusillade de Dallas, que sera diffusé à la télévision américaine le célèbre film d’Abraham Zapruder, qui fut le seul à filmer entièrement la scène de l’assassinat de Kennedy. Point crucial de la vidéo et qui contribue à alimenter les doutes du grand public sur la théorie de l’assassin unique, le moment du mouvement en arrière du président après le tir à la tête alors que, selon l’enquête de la commission Warren, Lee Harvey Oswald était dans son dos. 

Les prochaines archives déclassifiées en 2022

La commission Church puis l’enquête sénatoriale du House Select Committee on Assassinations (ou HSCA), furent ensuite en charge de faire la lumière sur la mort de Kennedy, et apportèrent de nouveaux éléments. Notamment que l’assassinat du président était vraisemblablement le résultat d’une conspiration. Mais de qui? La mafia italo-américaine, fortement affaiblie par le passage au poste de procureur général des Etats-Unis de « Bobby » Kennedy de 1961 à 1964 alors qu’elle aurait « facilité » l’accession de son frère à la Maison-Blanche, est dorénavant fortement soupçonnée. 

Un des ses « boss » Jimmy Hoffa, président du puissant syndicat des routiers américains disparaitra d’ailleurs mystérieusement en 1975. Plusieurs éléments laissent à entendre une connivence entre différentes composantes mafieuses. Jimmy Hoffa avait d’ailleurs le même avocat, Frank Ragano, que l’ancien parrain de Cuba Santo Trafficante, replié en Floride à la suite de la prise de pouvoir par Fidel Castro en 1959. Il témoigna au début des années 1980 dans son livre Mob Lawyer (« L’Avocat des parrains » paru en 1987) que selon lui, Sam Giacana, Santos Trafficante, Carlos Marcello et Jimmy Hoffa étaient impliqués dans la préparation de l’assassinat de John F. Kennedy et qu’il avait servi de messager entre eux tout au long de l’année 1963. 

Une entreprise qu’aurait laissé faire, voir facilité, les services secrets américains ainsi que le complexe militaro-industriel, hostiles à Kennedy et à sa volonté de détente avec le bloc communiste. D’autres théories évoquent également l’implication d’hommes d’affaires texans, et aussi de cubains expatriés aux USA. En 2017, sous la présidence de Donald Trump, les Archives nationales des Etats-Unis avaient déclassifié à trois reprises une série de dossiers. Pour les prochaines révélations, il faudra désormais attendre le 15 décembre 2022 a récemment annoncé Joe Biden, le travail des archivistes ayant pris du retard en raison de la crise sanitaire. La mort de Kennedy va donc continuer soixante ans après d’alimenter tous les fantasmes… 

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