Dylan Pereira : «J’ai le potentiel pour vivre de ce sport»

Après une dernière saison éprouvante où il a couru trois championnats, fini deuxième au Mans et à Bahreïn, gagné à Spa, le pilote le plus talentueux du Luxembourg n’est pas rassasié et croit toujours en ses rêves. Le premier d’entre eux est de décrocher un contrat chez une marque et de pouvoir, enfin, vivre de sa passion.

Le prodige des pistes luxembourgeois, Dylan Pereira, a vécu une dernière saison très très chargée. «C’est la première fois que je participais à trois championnats la même année (Supercup, Championnat du monde WEC et ChampionnatGT3 en Allemagne). Je suis parti quasiment tous les week-ends. Le but était de me montrer le plus possible et un peu partout, afin de tenter d’ouvrir des portes pour le futur. À ce niveau-là, l’objectif a été rempli: j’ai fait de beaux résultats, mon nom est un peu plus apparu dans le monde du motosport», témoigne le pilote.

Parmi les performances à relever, une belle victoire à Spa, une autre aux 6h de Bahreïn et surtout une deuxième place au Mans. «Faire le Mans, c’était un rêve, alors finir deuxième en plus… Le Championnat du monde WEC a globalement été une expérience exceptionnelle pour moi. Il y avait souvent beaucoup de trafic autour de moi. J’ai énormément appris et j’ai été hyper heureux de finir deuxième de ce championnat. De ce côté-là, je suis content», résume Dylan Pereira.

«Je voulais gagner la Supercup»

Mais tout est loin d’avoir été rose pour le champion, notamment en Supercup: «Cela ne s’est pas très bien passé. J’ai été poussé en dehors de la piste à cinq reprises… C’est impossible de finir dans les premiers dans ces conditions. Cela n’a pas été facile pour moi niveau motivation, cela m’amis un coup à chaque fois, m’a déçu et j’ai donc eu plus de mal à recharger les batteries. Au final, j’ai vécu une année très difficile avec ces courses qui ne se sont pas déroulées comme je le souhaitais, alors que la Supercup était pour moi le principal objectif. Je voulais la gagner. Je finis 7e alors que j’ai les capacités pour terminer dans les trois premiers.»

Dérouté en partie par ces déceptions, Dylan Pereira est allé chercher de quoi se mettre du baume au cœur ailleurs, en Allemagne. «C’était la première fois pour moi en GT3 sur une année complète. Au début, l’adaptation a été très difficile, le niveau est élevé, il a fallu trouver les bons réglages pour la voiture. On roulait à deux pilotes. Il y avait pas mal de pilotes de haut niveau, notamment des officiels de la marque Porsche. Cette expérience m’a permis de comprendre comment travailler en équipe pour atteindre des podiums à la fin. On finit cinquièmes au terme de ce championnat, alors qu’on était dans les derniers en début d’année. On a abattu un gros travail collectif.»

«Il faut être au bon endroit, au bon moment»

Loin d’être rassasié, le pilote luxembourgeois ne chômera pas en 2022: «Ce sera un tout petit peu moins chargé, avec deux championnats seulement, la Porsche Mobile One Supercup et la Porsche Carrera Cup, avec la même voiture. J’ai prévu plus de journées de tests et d’entraînements pour me préparer encore mieux et être une marche plus haut à la fin de la saison.»

Boosté par ses performances au Mans et à Bahreïn, fier d’être le premier Luxembourgeois à remporter une étape d’un Championnat du monde, Dylan Pereira tente de se projeter pour la suite de sa carrière: «À 25 ans, je commence à être un peu vieux. Il faut trouver de l’argent. Le plus dur est de trouver des places où tu es payé pour rouler. Et c’est mon objectif: parvenir à un niveau suffisant pour vivre de mon sport.» Mais c’est loin d’être évident. «Il faut être au bon endroit, au bon moment. J’ai déjà montré que j’étais plus rapide que certains pilotes officiels. Je casse rarement les voitures, presque jamais. Je sens que je suis prêt, je suis là. Je suis prêt pour rouler pour une équipe, pour une marque. Après, il faut la trouver et ce n’est pas facile.»

Partagé entre rêve et lucidité, Dylan Pereira n’en conserve pas moins toute sa hargne pour réaliser de nouveaux exploits: «J’ai 25 ans, on va dire que d’ici 28 ans il faut que je trouve une marque. Je vais donner le meilleur de moi-même et voir ce qu’il advient. J’adore ce que je fais, le plaisir est là, et je crois que j’ai le potentiel pour vivre de ce sport. C’est un grand objectif et je vais y arriver. Reste à savoir dans quel championnat… Et pourquoi pas la Formule1 un jour ?» Pourquoi se contenter des étoiles quand on peut décrocher la lune?

François Pradayrol

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