Le Turkménistan veut fermer la « Porte de l’Enfer »

Le pays d’Asie centrale, ancienne république soviétique, a un problème plutôt insolite à gérer. En l’occurrence, un énorme cratère gazier en combustion continue depuis… 1971. Le président turkmène a ordonné le 8 janvier dernier sa fermeture. Mais comment?

C’est un phénomène effrayant qui dure depuis 1971 au Turkménistan. Au beau milieu du désert du Karakoum, à 260 kilomètres au nord de la capitale Achgabat, se trouve un cratère gazier en combustion continue depuis plus de 50 ans! Ce champ de gaz naturel a depuis pris le surnom de « Porte de l’enfer », et dégage une odeur âcre de soufre à des kilomètres à la ronde. Une véritable vision apocalyptique. 

Mais quelle est l’origine de ce cratère de 70 mètres de diamètre pour environ 30 de profondeur? Au début des années 70, les scientifiques de l’Union soviétique écument les vastes contrées de leur immense territoire à la recherche d’énergies fossiles. Pétrole, gaz, le sous-sol du Turkménistan est alors considéré comme prometteur, et la réserve de gaz identifiée non loin du village de Derweze, estimée comme l’une des plus grandes du monde. 

Comment l’éteindre?

Une plate-forme de forage est donc installée, mais quelques semaines après le début de l’exploitation du gaz, un glissement de terrain engloutit les appareils destinés à forer ainsi que le camp de base, sans toutefois faire de victime. Afin d’empêcher l’émission de gaz toxique, les autorités soviétiques décident alors de mettre le feu au cratère. Une idée qui se révélera catastrophique puisque en mésestimant la quantité de gaz naturel et de méthane enfermé dans le sous-sol, les soviets ont ainsi crée un « monstre » qui brûle depuis 51 ans, alors qu’au départ les scientifiques sur place estimaient que la combustion ne durerait pas plus de quelques semaines. Un excès d’optimisme vous dites?

Samedi dernier la « Porte de l’Enfer » a donc fait de nouveau parler d’elle. Gourbangouly Berdymoukhamedov le président du Turkménistan (en poste depuis 16 ans, bonjour la démocratie) a renouvelé sa volonté d’éteindre le puit. Mais ne croyez pas que ce sont les questions environnementales qui poussent l’autocrate à vouloir mettre un terme à l’existence d’une des principales attractions touristiques du pays. La manne financière que constitue le gaz naturel dans le sous-sol turkmène est un enjeu primordial pour les autorités du pays, qui comptent comme clients la Russie et la Chine. Des pays dont la demande en gaz devrait grimper toujours plus dans les années à venir… 

Une équipe scientifique est actuellement constituée au Turkménistan afin de trouver une solution pour éteindre ce feu pas comme les autres. 

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