Stéphane Léoni : “Si on m’en laisse l’opportunité, j’irai le plus loin possible”

L’entraîneur du Progrès Niederkorn est fier de son groupe, actuellement deuxième de BGL ligue et dans une forme éblouissante. Il appelle néanmoins à l’humilité et au travail, seuls ingrédients pour espérer aller au bout…

Vous êtes sur une série de cinq victoires consécutives en championnat, six si on ajoute le match de coupe. Personne ne semble pouvoir vous arrêter. Comment expliquez-vous cette force que vous dégagez actuellement ?

C’est essentiellement dû au travail des joueurs qui sont très investis et impliqués. Ils commencent à vraiment comprendre tout ce que je leur demande. Il s’agit de tout un ensemble qui fonctionne bien, de mieux en mieux.

Vous êtes sur la lancée de la fin de saison dernière et du début de celle-ci, vous avancez objectivement à un rythme de champion. Le titre est-il aujourd’hui l’objectif ?

Là, c’est très positif que le groupe vive bien, que l’équipe tourne. On a recruté de bons joueurs, notamment pour palier le départ de plusieurs éléments qui sont passés pros, et l’osmose commence à se faire. Après, un titre, on ne peut pas en parler avant cinq ou six journées de la fin du championnat. Nous devons rester humbles, continuer de travailler pour réussir la deuxième partie de saison qui est toujours très importante.

La trêve va faire du bien aux organismes et aux têtes ?

Vue la forme et le rythme que l’on a en ce moment, j’aurais presque préféré que cela ne s’arrête pas ! Après, c’est normal que les joueurs aient un peu de repos. On va faire une bonne préparation pour attaquer la deuxième partie de saison comme on termine la première.

La progression de l’équipe est impressionnante depuis votre arrivée en cours de saison dernière et alors que le club était mal en point. Qu’est-ce qui a changé ?

On a mis du travail dans tout ce qu’on fait et les joueurs sont à l’écoute. On a fait des choix forts, on a changé notre façon de jouer et on a créé un vrai groupe de guerriers. Puis le Progrès est un club familial, c’est son identité et ce qui fait notre force. On peut aller à la guerre avec cette équipe, quand on est soudé comme une famille comme nous le sommes, et c’est certainement ce dont je suis le plus fier.

Est-ce qu’il reste malgré tout quelques blocages ou des points sur lesquels vous avez plus de mal à avancer ?

On a perdu des joueurs très importants, qui sont partis chez les pros. Certains départs ont eu lieu en toute fin de mercato. Mais on arrive à se relever, à se renouveler. On est dans un projet qui fonctionne et c’est le plus important. En trois ou quatre ans, on a permis à sept ou huit joueurs de passer professionnels et il s’agit aussi d’une fierté pour nous. D’autres clubs au Luxembourg bloquent parfois des joueurs qui pourraient passer pros pour des histoires d’argent et je trouve cela vraiment triste.

Il y a eu un changement de président ces dernières semaines avec Thomas Gilgemann qui prend le relais de Fabio Marochi. Cela ne risque-t-il pas de déstabiliser le club en plein milieu de la saison ?

Non parce que le club est une grande famille dont Thomas fait partie depuis longtemps. Fabio Marochi va rester sponsor, son coeur est jaune et noir, donc ça ne va rien changer.

Lors d’une précédente interview pour Mental !, vous déclariez en plaisantant être « amoureux » de votre groupe, pour souligner l’osmose qui règne entre le staff et les joueurs. L’aspect affectif reste essentiel au-delà de la tactique et du football pur ?

Si vous voulez tirer le maximum de vos joueurs, il faut savoir être proche d’eux. Ce ne sont pas des robots. Il faut être capable de leur dire quand ça va et aussi quand ça ne va pas. Mais lorsque vous dirigez un groupe, il est évident qu’il faut l’aimer, sinon c’est qu’il y a un problème et que vous vous trompez.

Jusqu’où vous projetez-vous avec ce groupe ?

J’essaie d’en tirer le maximum et si on m’en laisse l’opportunité, j’irai le plus loin possible. Après, les choses peuvent aller très vite, on le voit dans d’autres clubs au Luxembourg où le turnover des entraîneurs est important. Mais la chance que l’on a au Progrès, c’est justement cette volonté de travailler sur le long terme et c’est d’ailleurs comme cela que l’on obtient des résultats. Et non en changeant de staff tous les trois ou six mois…

Vous jouez à Wiltz ce dimanche, dernier match avant la trêve. Un victoire et vous conservez au minimum cette deuxième place au classement. Ce serait idéal ?

C’est sûr que ce serait idéal mais ce n’est jamais facile d’aller gagner à Wiltz, tout le monde le sait. Ils ont des bons joueurs et ils ne sont pas du tout à leur place à l’heure actuelle. Ils feront une meilleure deuxième partie de saison, j’en suis sûr. Je m’attends à un match difficile, ils peuvent battre n’importe qui. J’ai dit à mes joueurs de bien se préparer pour conserver cette deuxième place en faisant un résultat dimanche, ce qui validerait cette superbe première partie de saison.

Vous êtes nommé au Dribble d’or pour le titre de meilleur entraîneur de BGL ligue. Qui est le favori selon vous ?

Pour moi c’est Grandjean. Il est champion l’an dernier alors qu’on ne les attendait pas là, ils ont développé du jeu pour décrocher ce titre et ils ont fait une belle campagne européenne. Ce titre lui revient largement, sans hésitation. Il est loin devant tout le monde.

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