Sven Bill : « Au Luxembourg, l’esport est à la traîne »

Sven Bill est président de C1 Esports, une nouvelle organisation d’esport fondée l’an passé. Pour Noob!, il présente sa nouvelle team, et donne aussi sa vision, sans langue de bois, sur la situation actuelle de l’esport au Grand-Duché. Entretien.

Pouvez-vous présenter votre organisation ?

Notre organisation a été fondée en septembre 2021. Nous avons commencé avec cinq personnes. Moi, Patrick Domnanovits et Yannick Raach étaient précédemment dans TeamSlick, et nous avons aussi ajouté deux autrichiens. Quand TeamSlick a fermé à cause de quelques soucis dans le management, nous avons décidé de faire un nouveau projet. On a alors crée C1 Esports. On s’est posé la question de comment faire mieux que la dernière fois, et corriger les soucis que nous avions pu avoir par le passé. 

Dans le cadre de vos constitutions d’équipes, votre recrutement est-il exclusivement local ou êtes-vous ouvert à faire rejoindre dans vos teams des joueurs de n’importe quelle nationalité ?

On peut recruter n’importe où. Si quelqu’un est américain et veut jouer pour nous, et qu’il nous intéresse, il peut nous rejoindre. 

Sur quels jeux êtes-vous actuellement présent ?

Nous sommes pour l’instant sur FIFA 22, et avons des contacts pour lancer une team CS:GO et Rocket League. IL y a encore quelque chose à finaliser, mais l’équipe Rocket League devrait arriver d’ici très peu de temps. 

Que pensez-vous du niveau des joueurs au Grand-Duché ?

Il y a de très bon joueurs au Luxembourg, si on prend l’exemple de Marix. C’est une preuve que le vivier est excellent. Mais la grande majorité des talents sont encore obligée de s’exporter à l’étranger. Malheureusement, ici, l’esport n’est pas encore assez développé et n’a pas la notoriété pour grandir.

Le développement est-il trop lent selon vous ?

Je pense que les gens ne sont tout simplement pas prêts. Dans l’imaginaire collectif au Grand-Duché, on imagine toujours que l’esport, c’est être huit heures devant la console à jouer, jouer, jouer. Ils ne voient pas tout le travail, la rigueur derrière. C’et comme n’importe quel sport, il faut s’entraîner, tant physiquement que mentalement, avoir une stratégie, analyser… Au Luxembourg, on n’arrive pas à dépasser cette barrière. Il faut des institutions comme la FLES ou la LESF qui montrent aux gens qu’est-ce réellement que l’esport.

Le Luxembourg est-il donc à la traîne ?

Tout à fait. SI on regarde les Etats-Unis, il y a des tournois en Rocket League ou Call of Duty avec des prize-pools de millions de dollars. Ici ce sera maximum 5 000. C’est pas mal, mais on est encore très loin… En Allemagne, en France, on voit des LANs bondés, ce qui est beaucoup moins le cas ici. Heureusement, il y a tout de même quelques compétitions comme la LGX ou la Post Esports Masters, parce que sinon…. C’est un peu compliqué.

Au vu de cette situation, la recherche de sponsoring est-elle possible ?


C’est très difficile. L’esport pour les gens demeure inconnu. Si on explique ce que l’on fait, ils nous regardent avec des gros yeux. C’est encore trop une niche pour trouver quelqu’un prêt à faire un sponsoring.


Comment changer les mentalités ?

Il faut leur expliquer précisément ce qu’est l’esport. Il faut bien rappeler aux gens que cela n’est pas uniquement la console. C’est à nous, aux organisations, à la LESF et la FLES de montrer comment cela marche. On a besoin de plus de visibilité, plus de médiatisation, pour vraiment briser les idées reçues. Sans cela, on ne pourra pas vraiment progresser.

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