Swift – F91: l’analyse tactique

Ce dimanche, la 13ème journée de BGL Ligue tenait son affiche avec un match entre deux grosses équipes du championnat : Hesperange et Dudelange.

 Si, depuis quelques années, on « force » le parallèle entre les deux clubs pour des raisons plus administratives que sportives, hier après-midi, on a pu observer deux équipes très proches l’une de l’autre dans leur façon d’évoluer.

Une proximité tactique et surtout technique qui nous a offert un match logiquement serré.

C’est tout aussi logiquement que la différence s’est faite sur un détail.

A travers cette analyse, nous allons voir les nombreux points communs et notamment les forces qu’ont eu le Swift et le F91 pendant ce match.

Mais, qui dit plans de jeu quasi-identiques, dit aussi mêmes problématiques. Nous les relèverons également.

Cette analyse tentera de répondre aux 3 questions : 

1)Comment ont évolué les deux équipes ?

2)Quelles ont été leurs forces ?

3)Quelles ont été les problématiques créées par ces systèmes de jeu ?

Au coup d’envoi et pendant une grande partie du match, les 2 coachs ont utilisé le même système de jeu : Une défense à 5, deux milieux récupérateurs et 3 attaquants.

Les lignes d’attaques semblaient fonctionner différemment : 

  • Swift : Une ligne de 3 attaquants dont Stolz dans un rôle d’électron « très » libre.
  • F91 : Un meneur de jeu, Sinani, et deux attaquants de pointe, Bettaieb et Nader.

La problématique principale de ce système de jeu se trouvait au niveau du milieu de terrain.

Etant donné que les deux équipes appliquaient un pressing haut, les attaquants de chacune d’entre elles appliquaient une pression sur les défenseurs adverses.

Habituellement, sur les terrains de BGL Ligue, on observe des blocs plus bas et donc des attaquants se plaçant au niveau des milieux récupérateurs adverses pour empêcher les 1ères relances vers ces derniers.

Dans le cas du match d’hier, on a pu observer que ce sont les milieux récupérateurs qui devaient monter de 30 mètres pour se mettre au marquage des milieux récupérateurs adverses.

Du haut des tribunes, on observait donc des équipes coupées en 2 avec un trou de 30 à 40 mètres entre les milieux et les défenseurs.

Chaque défense avait l’ambition de relancer proprement au sol, malgré la pression qu’elle subissait, et la qualité technique pour réussir à le faire.

On voyait donc de nombreuses relances verticales, au sol vers des attaquants adverses souvent en décrochage.

Se posaient donc les problèmes de gestion de ces joueurs se déplaçant dans ce No Man’s Land créé par les deux équipes.

On pense notamment à Sinani et Stolz, sans oublier les autres bien sûr, dont l’intelligence de placement a souvent permis à ces derniers de pouvoir lancer les transitions offensives de leur équipe.

Chaque équipe possédant des éléments offensifs plus rapides que leurs adversaires/défenseurs directs, les transitions offensives apportaient souvent le danger dans les surfaces de réparation.

Finalement, à chaque récupération de balle, le fait que les blocs soient coupés en 2 offrait directement une possibilité de contre que, pendant 90 minutes, chacune des deux équipes a essayé de convertir.

Ce type de phase de jeu nous permet de mettre en lumière le gros travail des 4 milieux – Garos, Electeur, Morren, Dos Santos – qui ont passé leur match à faire des allers-retours pour défendre et pour accompagner leurs attaquants lors des transitions offensives.

C’est, souvent, ce dépassement de fonction qui a permis de mener les actions jusqu’au bout.

Tout cela nous a offert un match sans temps mort où tous les coups ont été joués à fond.

Si, pour nous spectateurs, ce type de match est forcément plaisant, on peut relever le fait qu’il est rare que deux « grosses équipes » traversent un match sans avoir la main sur le rythme de jeu et la possession.

Chaque phase d’attaque était donc une prise de risque puisque chacune d’entre elles se terminait haut sur le terrain et coupait le bloc en deux.

A chaque perte de balle, les équipes appliquaient donc un contre-pressing immédiat et, même si la 1ère relance adverse était réussie, mettaient directement la pression sur le joueur recevant le ballon.

D’ailleurs, plusieurs cartons jaunes ont été reçus par un joueur coupant la transition offensive adverse lorsque le contre-pressing n’avait pas fonctionné.

Si la performance des deux défenses a été à la hauteur de leur statut, il nous faut également mettre en avant le gros impact physique de tous les joueurs qui ont forcé de nombreuses relances « ratées » et donc de nombreuses récupérations de balle.

Le but du match est d’ailleurs le fruit d’une récupération de balle obtenue grâce à un contre-pressing et, à la suite d’un centre, un second ballon gagné par Pierrard dont le centre-tir sera dévié par un coéquipier. (1-0, Philippe, 71ème)

Ce but fera réagir le coach Fangueiro qui, avec la sortie sur blessure de Kirch, prendra tous les risques en faisant entrer Hadji et en terminant le match en 4-4-2.

De son côté, Parisi terminera le match avec un bloc bas et 5 défenseurs très physiques donc Garos redescendu d’un cran et poussant Malget sur le côté droit, à la place de Pierrard pour répondre aux longs ballons adverses.

Thomas Fullenwarth

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